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_______________________________EXTRAITS DE PRESSE_______________________________
- ARTS ACTUALITÉ MAGAZINE, N°16, mai 1991
Comment une photographie et une peinture peuvent-elles lutter ensemble ? L'avènement de la photographie avait consacré la mort de la peinture réaliste, a-t-on cru pendant longtemps. Après cette bataille perdue sans lutte, des peintres nombreux ont abandonné la figuration. Quelle aubaine pour les barbouilleurs de tout poil qui ont cru être autorisés a présenter leurs remugles colorés comme des uvres d'art. L'époque présente laisse entrevoir les prémices d'une redécouverte de la peinture et du dessin, toujours en butte aux sarcasmes des ânes bêtifiants de l'art « moderne officiel ». La peinture de Francine Van Hove montre au contraire combien le dessin et la peinture contiennent une richesse inouïe dans la figuration. La douceur de la peau de ses modèles et l'intensité de leur vie est un hommage à la Beauté et au Créateur, et un superbe travail artistique.
- MADAME FIGARO, Christian Gonzalez, 11 mai 91
DOS MAJEURS Son atelier est perché au sommet dun immeuble mythique de Montparnasse. Elle peint souvent des femmes de dos ou les yeux fermés. Une exposition. Un livre. Et létincelante démonstration quil nest pas dart qui ne soit empreint dun peu de mystère. Par Christian Gonzalez
Elles sont douces, translucides, rêveuses, alanguies, curieuses, sensuelles et innocentes, Francine Van Hove les peint souvent de dos, elle se demande bien pourquoi. «J'imagine que j'aime les dos féminins de la même façon que j'aime les visages aux yeux fermés, parce qu'ils proposent des mystères qui se refusent au premier regard. » L'univers de Francine Van Hove est une constellation de jeunes femmes lumineuses. Les hommes désertent ses toiles. «J'ignore comment ils bougent, comment ils tiennent un verre. Alors que je peux m'identifier aux femmes que je peins. Les installer au milieu d'elles serait créer une tension érotique qui n'est pas dans mes intentions. Mon regard sur la femme est uniquement fraternel. »
Francine Van Hove expose maintenant à la galerie Alain Blondel, à Paris. Elle publie un livre sobrement intitulé « Peintures » (chez Ramsay) qui rassemble une sélection de son travail de la décennie écoulée.
Elle aura bientôt quarante ans, ce à quoi elle n'attache pas la moindre importance, elle mène une existence des plus paisibles, sans à-coups, loin des mondanités. A quinze ans, elle voulait peindre; il y a quinze ans qu'elle vit de sa peinture.
Comme elle fait travailler cinq modèles, elle a relancé cinq toiles en même temps, « Je leur demande d'être corporellement expressives. D'avoir cette étrange sorte de talent qui fait que certaines filles ont tout naturellement, dirait-on, des gestes intéressants pour se peigner, servir le thé, ou s'affaler sur une table... Le corps humain est la discipline suprême du peintre. »
Tous les jours, une jeune femme vient poser pour elle durant trois heures. Elles interrompent la séance pour se ménager une pause thé. « J'en sais long sur les jeunes filles de vingt ans... » mais n'insistez pas, elle n'en dira pas plus. Ses toiles ne sont-elles pas éloquentes ?
- PARISCOPE, 24 avril 1991
Francine Van Hove, à laquelle les éditions Ramsay consacrent le troisième volume de leur nouvelle « collection Visions » peint depuis son adolescence, mais a reçu, au « cours de préparation au Professorat de dessin pour les lycées et collèges » une formation qu'elle qualifie de « traditionnelle ». C'est celle, parfaitement figurative qui exige la représentation du modèle dans la plus parfaite illusion optique. A voir les peintures de Francine Van Hove que présente la galerie, Alain Blondel, des jeunes filles au quotidien, demi-nues la peau nacrée comme les objets de porcelaine qui leur servent souvent daccessoires, on pourrait s'imaginer que lartiste, utilise des photographies. Mais non, il, y a toujours, dans ses compositions, de petits décalages de perspective volontaires qui accentuent le réalisme de la vision. Dailleurs, dans ses toiles récentes, elle joue à juxtaposer le modèle, en chair tendre et tissus drapés, aux études crayonnées, parfois en plusieurs morceaux, du modèle. Car « une attitude sur la toile est toujours le résultat dune quantité astronomique de positions, légèrement variées. » Mais si Francine Van Hove traduit avec, maîtrise les chairs blondes de ses modèles, la délicatesse d'une oreille, le poids dun sein, lélégance d'une main, ces jeunes filles sont aussi finement interprétées que les dentelles d'un rideau, une crémone de fenêtre, une paire de lunettes ou une tartine de pain et s'intègrent en quelque sorte à nature morte. Ce sont, dans leur perfection, de beaux objets pourvus dune sensualité innocente, des prototypes dune idée de la jeunesse. « Mes modèles ont la beauté do mes chats
»
- ACTUALITÉ DES ARTS, Yves Brunier,
"Je peins pour aider à vivre, et contre l'angoisse, des images de bonheur juste un peu nostalgiques".
"Plus j'essaie de capter la beauté, plus son mystère m'échappe, et je me suis prise de passion pour cette poursuite même ".
"La peinture figurative ne doit pas seulement être faite "à la main" mais aussi "à l'esprit ". C'est un amoncellement de savoir irremplaçable".
"La beauté féminine qui m'intéresse est celle du sommeil, visage au repos, abandonnant sa fonction de miroir de l'âme au corps tout entier, les gestes se substituant au visage dans l'expression des sentiments ".
"Une attitude sur la toile est toujours le résultat d'une quantité astronomique de positions légèrement variées, alors que la photo ne donne qu'une position sans compensation mentale".
Francine Van Hove peint surtout des femmes dans l'intimité. Femmes faisant leur toilette ou la vaisselle, femmes rêveuses, assoupies... instants de repos, d'oisiveté, de liberté et de détente... femmes seules ou entre elles, mais libérées du regard des autres. Elle nous montre la beauté féminine sans apprêts, dans la complicité de gestes quotidiens et banals, et dans une lumière d'une pureté presque irréelle.
La vérité ? rien que la vérité ?... (Levez la main droite et dites : je le jure !) ...
NON, car bien que ces femmes soient montrées sans artifices, elles sont inévitablement idéalisées et sublimées. Tous ces modèles se ressemblent et sont plus ou moins devenus un "portrait robot" du modèle idéal.
Bien que Francine Van Hove ne soit absolument pas narcissique, les femmes qu'elle peint sont toujours un peu un double idéalisé d'elle-même. La sérénité de ses uvres correspond à la sérénité qu'elle recherche... Ces fractions de bonheur quelle sait si bien fixer sont les exutoires aux angoisses propres à chaque être humain, en même temps qu'une recherche de "la connaissance de soi"...
L'importance du modèle
Francine Van Hove possède une facture à la fois classique et très personnelle et une extraordinaire maîtrise de son métier qu'elle sait parfaitement analyser et expliquer : l'importance des "études" au crayon... l'ordre de la construction du tableau... les étapes de la couleur etc. mais un élève très attentif, s'imprégnant de ses conseils et au courant de ses moindres "petits trucs" personnels ne ferait pas du Van Hove pour autant. Il y a un essentiel qu'elle est incapable de définir elle-même : c'est son talent!
Francine Van Hove attache une énorme importance au choix des modèles, avec une préférence pour les rousses, à cause de la pâleur nacrée de l'éclat de leur peau.
L'attitude du modèle sur la toile est le résultat d'une synthèse d'une quantité de positions presque semblables. C'est une des raisons pour laquelle elle ne se sent pas du tout concernée par le travail des hyperréalistes qui travaillent d'après photo, et auxquels on l'assimile pourtant parfois.
Bien qu'elle ne supporte pas que le moindre détail lui échappe, sa figuration transfigure le quotidien. Francine Van Hove n'a pas besoin de concepts ni de théories pour justifier son uvre ; tout ce qu'elle a à exprimer est vérifiable sur la toile !
12 toiles par an
Francine Van Hove n'est pas issue d'un milieu artistique, elle a commencé à peindre vers 15 ans, seule et sans connaissances artistiques, puis a suivi des cours de dessin à la "Grande Chaumière" dans les années 60. Ensuite : préparation à l'enseignement du dessin et premier poste comme prof au lycée de Strasbourg. Elle y constate la frustration de beaucoup d'enseignants du dessin face à la création picturale et préfère donc arrêter très vite l'enseignement, avant qu'il ne soit trop tard. Mais on ne devient pas Francine Van Hove en trois jours et elle sera donc en attendant créatrice des dessins pour tissus... "Ce n'était pas encore la peinture, mais je vivais de ma création !
"
Francine Van Hove peint lentement, on s'en doute en voyant ses toiles. Elle expose donc rarement. Les 17 uvres qu'elle présentera du 4 avril au 25 mai représentent plus d'un an et demi de travail ; c'est donc une exposition à ne pas manquer. A l'occasion de cette exposition, un ouvrage, rétrospective de 10 ans de peinture (l 980-1990) sera édité par Ramsay.
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