Francine Van Hove

Tatouages


En fait, je déteste les vrais tatouages qui, pour moi, relèvent de l’autodestruction : la peau irrémédiablement tachée, abîmée. Ce qui me plaît, en revanche, c’est l’idée de peindre, de façon éphémère, sur le corps. L’idée seulement, d’ailleurs, car je n’ai jamais opéré sur mes modèles dans la réalité. Je me suis contentée d’imaginer des dessins d’ailes, de plantes ou de fleurs. Les lignes légèrement tracées sur le dos et les bras du personnages en épousent doucement les volumes et les habillent d’une sorte de vêtement transparent animal ou végétal.
Les bras écartés de part et d’autre d’un dos font irrésistiblement penser à un oiseau en vol : voilà pourquoi j’ai privilégié le thème des ailes. J’aime observer, pleine d’admiration, les oiseaux en vol, mais sans les envier. Je suis sûre que j’aurais mal au coeur à leur place. Je me sens beaucoup mieux, profondément enracinée dans la terre et je n’ai, de toute façon, pas du tout l’âme voyageuse.

TATTOOS
Actually I hate real tattoos. For me they are a sort of self-destruction: the skin permanently marked, damaged. What I like, on the other hand, is the idea of painting impermanently on the body. It's the idea I like – I have never actually painted on my models before. I content myself with imagining drawing wings, plants or flowers – lines lightly traced on the backs and arms of people, highlighting their volumes and dressing them in a sort of animal or vegetal clothing.

The arms spread, the back turned: the image always makes me think of a bird in flight, which is why I have focused on the theme of wings. I love to watch birds in flight. I admire them, but I don't envy them. I am certain that I would be miserable in their place. I feel much better rooted to the Earth, and besides, I don't at all have the soul of a traveller.

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